Si vous êtes rédacteur web, vous n’avez pas pu passer à côté de ce sujet qui agite la toile (entre autres) depuis quelques mois : l’écriture inclusive. Vous avez entendu beaucoup de choses sur cette nouvelle manière d’écrire. Cela vous inquiète. Et si vos clients vous demandaient de l’utiliser ? Cessez de paniquer ! Cet article vous éclaire sur ce qu’est réellement l’écriture inclusive. Vous verrez que ce n’est pas si compliqué.

L’écriture inclusive : une révolution ou une évolution ?

La langue française est, comme vous le savez, une langue vivante. En 2018, on ne parle plus comme au temps de Montaigne, de Molière ou même d’Hugo. Certains mots ont changé de sens, d’autres ne sont plus utilisés, d’autres encore sont apparus. Une langue vivante est vouée à évoluer, c’est sa nature. D’ailleurs, ce débat n’est pas nouveau. Déjà en 1827, dans sa préface de Cromwell, Victor Hugo écrivait « la langue française n’est pas fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas. […] Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n’est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n’est celui du seizième. La langue de Montaigne n’est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n’est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n’est plus celle de Pascal. […] Le jour où elles se fixent [les langues], c’est qu’elles meurent. » On peut donc considérer que l’écriture inclusive est plus une évolution qu’une révolution de la langue.

Une écriture encore peu utilisée

C’est d’autant moins une révolution, que l’écriture inclusive est encore peu utilisée. Le gouvernement a recommandé l’utilisation de cette écriture, mais ne l’utilise pas.

Seul un manuel scolaire d’histoire pour les CE2 a été écrit, imprimé et distribué avec l’écriture inclusive. De même, le magazine mensuel Causette, dès décembre 2017 décidait d’utiliser cette écriture et s’en expliquait dès la page 7 de son numéro : « Causette, qui lutte depuis toujours contre les stéréotypes sexistes, signe pour l’écriture inclusive dans ses pages ». Mais ce sont des exceptions, la plupart des journaux, magazines ou sites internet ne l’intègrent pas. Il est donc inutile de commencer à paniquer puisqu’il est peu probable que vos clients, pour l’instant, vous demandent de l’utiliser ! Si toutefois, vous êtes curieux (et si vous êtes rédacteur web ou blogueur, vous l’êtes certainement), continuez votre lecture pour découvrir ce qu’est l’écriture inclusive.

L’écriture inclusive : des règles simples

Tout d’abord, sachez qu’il existe un manuel d’écriture inclusive. Celui-ci est même téléchargeable gratuitement sur ce site. Dirigé par Raphaël Haddad, fondateur de l’agence de communication d’influence Mots-Clés.

Il existe 3 règles principales.

Accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres

La majorité des noms de métiers, fonctions, grades et titres existent au féminin. Par exemple : acteur / actrice, adhérent / adhérente, étudiant / étudiante, habitant / habitante, remplaçant / remplaçante… Certains noms ont perdu leur féminin au cours de l’histoire, notamment à partir des réformes des XVIIe et XVIIIe siècle. C’est le cas de poétesse, philosophesse, médecine, autrice, peintresse, etc. (d’ailleurs, mon correcteur d’orthographe ne les reconnaît pas et les souligne !). L’écriture inclusive souhaite simplement les réhabiliter. Vous pouvez trouver une liste plus complète ici.

User du féminin et du masculin

L’écriture inclusive refuse l’utilisation du masculin générique et utilise diverses possibilités indiquant la présence des femmes et des hommes de manière égale.

  • l’énumération par ordre alphabétique

Dans une phrase où il est question des femmes et des hommes, l’écriture inclusive énumérera les termes dans l’ordre alphabétique. Par exemple : elles et ils, celles et ceux…

  • l’usage du point milieu

Ah ce fameux point milieu que tout le monde redoute ! Jusqu’ici, la coutume était d’utiliser soit une parenthèse, soit un tiret, soit une barre oblique, soit un simple point. L’écriture inclusive recommande l’utilisation du point milieu, car les autres signes ont d’autres utilisations. Avec le point milieu, pas de confusion possible.

  • le recours aux termes épicènes

Un terme épicène est un terme dont la forme reste la même qu’il soit au féminin ou au masculin. Par exemple : artiste, bénévole, capitaine, guide, interprète, propriétaire, secrétaire, etc.

 

Ne plus employer les antonomases du nom commun « Femme » et « Homme »

Une antonomase est une figure de style consistant à remplacer un nom commun par un nom propre ou inversement, par exemple « Tartufe » pour « hypocrite ». L’écriture inclusive recommande de ne plus écrire l’Homme pour désigner tous les êtres humains. Ainsi, on écrit plus les « droits de l’Homme » mais les « droits humains ». Aux États-Unis, l’expression est « Human Rights » et non « Man Rights ». Le Québec l’a d’ailleurs traduit par « droits de la personne humaine ».

À présent que vous avez fait plus ample connaissance avec l’écriture inclusive, n’ayez plus de l’utiliser autant que faire se peut !

Véronique Dessogne

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